Au-delà de la tactique, la mission d’un entraîneur de football est avant tout de fédérer son groupe autour d’un projet commun. Mais l’une de ses facettes les plus cruciales reste sa capacité à optimiser le rendement de chaque joueur à sa disposition. Face aux inévitables fluctuations de forme d’un effectif, c’est là que l’influence du technicien prend tout son sens.
Dans le cas d’Álvaro Arbeloa, l’entraîneur du Real Madrid veille scrupuleusement aux intérêts de l’institution merengue sans jamais négliger l’aspect humain. Le natif de Salamanque en est d’ailleurs parfaitement conscient. Avant le choc de Liga contre la Real Sociedad, ses déclarations ont captivé l’assistance : interrogé sur le manque de temps de jeu de Carvajal, il a livré une réponse d’une grande franchise, ouvrant les portes de l’univers de son fameux canapé gris.
« Avec Carvajal, comme avec tous ses coéquipiers, j’apprécie les échanges individuels. Je profite de chaque semaine pour discuter… je pense, avec la quasi-totalité du groupe. J’ai un merveilleux et très confortable canapé gris où nous nous installons pour échanger. J’aime prendre le pouls de mes joueurs, savoir ce qu’ils ressentent et ce qu’ils pensent. Et qu’ils sachent aussi, dans une certaine mesure, ce que j’attends d’eux », a confié le coach madrilène.
Certains lieux deviennent de véritables havres de réflexion et d’écoute, propices à la résolution des doutes. C’est précisément le rôle de ce meuble trônant dans le bureau d’Arbeloa à Valdebebas. Là, les footballeurs défilent un par un pour partager leurs états d’âme et se confier en toute liberté. Bien loin de l’usage domestique dédié au simple repos, ce canapé est devenu un outil de management à part entière.

Un bureau transformé en cabinet de consultation
En poste au Real Madrid depuis un mois et demi, Arbeloa a déjà multiplié les entretiens sur le canapé le plus célèbre du centre d’entraînement. Une sorte de cabinet où Álvaro attend ses hommes, stylo et carnet à la main. Si la porte est ouverte à tous, on sait déjà que Carvajal et Camavinga y ont leurs habitudes. Le milieu de terrain français a d’ailleurs révélé s’y être rendu « à de nombreuses reprises », tant sous les ordres de Xabi Alonso que de son entraîneur actuel, comparant ces échanges à un dialogue constructif entre un cadre et son employé.
D’autres joueurs pourraient prochainement solliciter un entretien, à l’image de Fran García, Ceballos ou Brahim. Depuis l’intronisation du Salmantin, le latéral ne compte que 78′ de jeu, contre 142′ pour l’Andalou et 162′ pour l’Hispano-Marocain. La situation est encore plus délicate pour Alaba, Mastantuono ou Mendy. Si l’Autrichien totalise 183′, l’Argentin, malgré ses 402′, a vu son statut de titulaire s’effriter. Le cas le plus frappant reste celui du latéral français, qui n’a pas encore disputé la moindre minute sous l’ère Arbeloa.
À l’inverse, Fede Valverde (901′), Vinicius (900′) et Courtois (900′) s’imposent comme les trois hommes de base du technicien. Ce déficit de temps de jeu est une préoccupation majeure pour ceux qui restent sur le banc, d’autant qu’un Mondial se profile à l’horizon. Un rendez-vous planétaire que personne ne souhaite manquer.
Cette « thérapie » instaurée par Arbeloa mise sur la proximité pour dissiper les doutes. Sa capacité de leadership et sa gestion des ego sont des atouts précieux pour maintenir l’unité du vestiaire alors que la saison entre dans sa phase critique. Pour l’heure, le bilan du coach ‘merengue’ affiche huit victoires et trois défaites. Deuxième de Liga au coude-à-coude avec le Barça, son équipe s’apprête à retrouver son rival européen historique, Manchester City, en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Les trois prochains mois scelleront son destin.
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