Annaba sous les projecteurs Une sixième édition du Festival du film méditerranéen entre éclat artistique et défis structurels

 

Dans une atmosphère à la fois festive et solennelle que s’est achevée, le jeudi 30 avril 2026, la sixième édition du Festival d’Annaba du film méditerranéen. Accueillie au Théâtre régional Azzedine Medjoubi, la cérémonie de clôture a réuni un parterre prestigieux composé des autorités locales, parmi lesquelles le wali d’Annaba, Abdelkrim Lamouri, ainsi que des représentants institutionnels, des artistes, des professionnels du cinéma et un public nombreux, témoignant d’un engouement manifeste pour le septième art.

Outre son caractère protocolaire, cette soirée de clôture a été marquée par une reconnaissance symbolique forte, avec l’hommage rendu à la moudjahida Louiza Ighil Ahriz, figure emblématique de la mémoire nationale, inscrivant ainsi le festival dans une continuité entre culture, histoire et engagement.

Sur le plan artistique, cette édition 2026 a offert un panorama riche et diversifié de la création cinématographique méditerranéenne. Dans la catégorie du court métrage, le film « Dernières miracles » de Abdelwahab Chougui s’est distingué en remportant le prix du meilleur film, tandis que des mentions spéciales ont été attribuées à ‘’Healing / Le soin’’ de Cyrine Achir et ‘’Autopsie d’un cafard domestique’’ de Joseph Zarzour.

Le documentaire n’a pas été en reste, avec le sacre de ‘’Mon père et Kadhafi’’ de Jihan Kilkhia, accompagné de mentions honorifiques pour « Station finale 60 » de Sid Ahmed Smian et ‘’Mes derniers mémoires’’ de Mohamed Wali.

Par ailleurs, l’innovation a trouvé sa place à travers la distinction du meilleur court métrage réalisé à l’aide de l’intelligence artificielle, attribuée à « Fais un vœu » de Hakan Kemiksiz.

Dans la catégorie dédiée à l’initiative ‘’Annaba, fabrique du cinéma’’ plusieurs talents émergents ont été salués, notamment Yasmine Bouabid pour ‘’L’angle où nous nous sommes rencontrés ‘’, tandis que le prix du meilleur projet a été décerné à ‘’En attendant le paradis’’ de Mohamed Siam.

Le long métrage a, quant à lui, consacré ‘’Aïcha ne peut pas s’envoler loin’’ (Égypte), qui a remporté la plus haute distinction du festival. Le film ‘’Poupya’’ de Yacine Bouaziz s’est illustré en raflant à la fois le prix du public, celui du jury ainsi que le prix de la presse, confirmant son impact tant critique que populaire. Les prix d’interprétation ont distingué Helmi Dridi et Lidia Chabout, tandis que Paolo Sodi a été récompensé pour le meilleur scénario avec ‘’L’enfant sacré’’ et Anne-marie Jacir pour la meilleure réalisation avec ‘’Palestine 36’’.

Cette sixième édition aura indéniablement porté une dynamique créative forte, ouvrant de nouvelles perspectives à la scène cinématographique méditerranéenne et renforçant la place d’Annaba comme carrefour culturel régional.

Cependant, parallèlement à la réussite artistique et à l’enthousiasme du public, une question structurelle persiste : celle des infrastructures cinématographiques. L’affluence remarquable observée tout au long du festival révèle un besoin urgent en salles de cinéma capables d’accueillir un public toujours plus nombreux et avide d’images. À cet égard, cette édition, bien que réussie, aurait sans doute gagné en ampleur et en confort avec des espaces de projection mieux adaptés.

C’est ainsi que s’achève la sixième édition du Festival d’Annaba du film méditerranéen, une célébration du cinéma, riche en émotions et en découvertes, mais aussi un appel implicite à repenser les conditions d’accueil d’un public profondément attaché à cet art. Un rendez-vous prometteur, dont l’avenir dépendra autant de la créativité des œuvres que de la capacité à soutenir durablement leur diffusion.

Sara Boueche

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