ALGER – La secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires africaines, Bakhta Selma Mansouri, a indiqué, à Alger, que le traitement de la question des crimes coloniaux devait se muer en un projet politique intégré plaçant l’Afrique dans une position d’initiative et non de réaction.
Dans une allocution prononcée lors de la clôture des travaux de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique, au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, Mme Mansouri a souligné que »la question des crimes coloniaux ne relève pas du passé, ses effets étant encore visibles aujourd’hui dans les trajectoires de croissance et les rapports de force sur le continent », ajoutant que « le traitement de cette question ne peut pas se limiter à la seule condamnation, mais doit se muer en un projet politique, juridique et économique intégré qui place l’Afrique dans une position d’initiative et non de réaction ».
Dans cette perspective, la secrétaire d’Etat a salué le choix stratégique du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui a pris l’initiative d’accueillir cette conférence et de lancer son processus, partant de sa conviction que « la justice historique n’est pas un dossier symbolique mais un levier de puissance, un processus souverain et un pilier de la construction de la nouvelle Afrique ».
Après avoir relevé que « ces deux derniers jours ont démontré que cette vision a réorganisé les priorités du continent africain, lui ouvrant de nouvelles perspectives pour une action africaine collective », Mme Mansouri a souligné que la Conférence d’Alger a clairement proclamé que »l’Afrique ne permettra plus que son histoire soit réécrite en dehors de ses institutions et n’acceptera point que la mémoire demeure un instrument entre les mains d’autrui ».
L’Afrique n’est plus seule, un alignement croissant étant observé avec les pays de la région des Caraïbes, a-t-elle dit, estimant qu' »il ne s’agit pas d’un simple soutien symbolique, mais de l’annonce d’une union capable d’opérer un changement réel dans les rapports de force aux Nations unies, dans les tribunaux internationaux et dans la gouvernance financière mondiale ».
« L’avenir économique du continent ne peut être dissocié de la justice historique, car les crises auxquelles l’Afrique fait face aujourd’hui ne sont pas seulement le résultat de conditions objectives, mais la conséquence directe de politiques coloniales systématiques », a-t-elle martelé, soutenant que « la bataille aujourd’hui ne porte pas uniquement sur des indemnisations, mais sur la redéfinition des conditions du développement, la rupture des cercles de dépendance et le repositionnement de l’Afrique au sein de l’économie mondiale sur des bases solides ».
A ce titre, Mme Mansouri a insisté sur la nécessité de « consolider la place de l’Union africaine (UA) en tant qu’acteur juridique et institutionnel sur la scène internationale », soulignant que l’Afrique « dispose désormais de nouveaux mécanismes et d’experts capables d’élaborer des arguments juridiques cohérents et d’activer des processus internationaux concrets ».
