Livraisons de gaz à l’Italie : Sonatrach-Eni, l’association gagnante

 

 

 

 

Par Eco Times

 

La relation énergétique de l’Algérie avec l’Italie est stratégique. La compagnie italienne Eni peut enlever 20 milliards de mètres de cubes de gaz sur les 50 milliards de mètres cubes de gaz qu’exporte annuellement l’Algérie. Or, les contrats d’achat de gaz algérien par l’Eni, expirent en 2027. Assistera-t-on à leur prorogation lors de cette visite ?

Par Khaled Remouche

L’énergie est au cœur des relations économiques entre l’Algérie et l’Italie. Ce point très important sera certainement abordé lors de la visite de la première ministre Giorgia Meloni à Alger à partir d’aujourd’hui. Comme la compagnie pétrolière italienne Eni est un acteur majeur qui booste les rapports économiques entre l’Algérie et l’Italie, il sera question du développement de la relation entre Sonatrach et Eni.

D’autant que l’Italie se tourne actuellement vers l’Algérie pour compenser une partie des livraisons suspendues de gaz provenant du Qatar en raison des effets de la guerre au Moyen-Orient. Le Qatar approvisionne à raison de 20 % des besoins de l’Italie en gaz. Il faut savoir que la relation énergétique de l’Algérie demeure très stratégique.

Qu’on en juge : Eni est le plus important client de Sonatrach. Ses enlèvements en gaz peuvent atteindre 20 milliards de mètres cubes/an de gaz algérien sur les 50 milliards de mètres cubes qu’exporte annuellement l’Algérie.

Ces contrats d’achat qui expirent en 2027 doivent être renouvelés. Assistera-t-on lors de cette visite à leur prorogation ?

Ces livraisons à l’Italie, rappelons-le, proviennent en très grande partie du gazoduc Transmed qui relie les deux pays via la Tunisie, et d’une petite partie de livraisons de GNL. Ces relations ont connu une évolution avec la décision de l’UE de ne plus importer de gaz de Russie.

Pour compenser ses approvisionnements, l’Italie s’est tournée vers l’Algérie pour obtenir 5 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires. L’avantage de Rome : elle est liée à l’Algérie à travers un partenariat historique et une amitié solide.

Eni est présente en Algérie avec des intérêts dans les gisements pétroliers de HBNS, d’El Merk, Ourhoud, Bir Rebaa nord et satellites, Zemoul El Akbar, Rod, Rom situés dans le bassin de Berkine au sud-est, et les champs de gaz de MLE, d’In Salah, d’In Amenas et de Touat.

Ces dernières années, la compagnie italienne en association avec Sonatrach a contribué au développement des gisements de Zemlet El Arbi, Ourhoud II et Sif Fatima et de Berkine sud. Elle doit investir 2,5 milliards de dollars dans ces gisements.

Ce dernier champ a été mis en production en 2022 avec une capacité de production de 12 millions de mètres cubes/jour de gaz, environ 2,7 milliards de mètres cubes/an.

2,5 milliards de dollars devant être investis par l’ENI dans le développement de trois gisements

Présente dans le champ de Berkine nord (BKN) sur ces trois périmètres, elle devait tirer en association avec Sonatrach trois milliards de mètres cubes supplémentaires afin d’augmenter les exportations vers l’Italie.

Il faut savoir également que des découvertes ont été réalisées à Zemoul El Akbar et que le gisement de gaz d’In Amenas compte des gisements de gaz satellites non exploités.

Il suffit donc de nouveaux investissements de l’association Sonatrach-Eni pour obtenir à court et moyen terme des quantités supplémentaires de gaz à exporter, pour peu que l’État arrive à contenir la forte croissance de la demande domestique en gaz.

Il faut noter qu’Eni et Sonatrach ont conclu un nouveau contrat de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures sur les gisements de Zemoul El Akbar, Rhourde El Louh, SIF Fatima et Rhourde Messaoud ainsi que le gisement de gaz MLE.

À rappeler également qu’en 2025, Eni a signé avec Sonatrach un contrat de partage de production d’une durée de 30 ans prévoyant un investissement de 1,35 milliard de dollars pour développer le champ de Zemoul El Akbar. Il prévoit 110 millions de dollars d’investissement dans l’exploration et la récupération de 9 milliards de mètres cubes de gaz.

Il a également décroché un contrat d’exploration sur le périmètre Reggane II en association avec Sonatrach et PTTEP (Thaïlande) signé la même année dans le cadre de l’Algeria Bid Round 2024 lancé par Alnaft.

La relation énergétique de l’Algérie avec l’Italie ne se limite pas au gaz et au pétrole. Eni s’est impliquée dans le processus de transition énergétique de l’Algérie avec la réalisation de deux centrales photovoltaïques pour fournir en énergie le gisement de pétrole de Bir Rebaa nord et d’un laboratoire de recherche sur le solaire dans la même région.

L’Italie compte également s’impliquer dans le développement et l’exportation d’hydrogène vert vers l’Europe, notamment vers l’Allemagne et l’Autriche. Le pipe qui doit transporter cet hydrogène doit relier l’Algérie à l’Italie via la Tunisie.

Le projet South H2 Corridor regroupe Sonatrach et Sonelgaz, les compagnies italiennes Snam et Sea Corridor, l’allemande VNG et l’autrichienne Verbund Green Hydrogen. Il devra renforcer la coopération de l’Algérie avec l’Italie et l’Europe.

Articles similaires

Formation et enseignement professionnels Réunion de travail pour définir les mécanismes de concrétisation du Référentiel national de formation et de compétences

chef

Après la crise, un rapprochement : L’Espagne prépare un sommet avec l’Algérie

chef

Giorgia Meloni à Alger : Les objectifs d’une visite surprise

chef