À l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du Chahid, célébrée le 18 février de chaque année, la wilaya d’Annaba a vibré, hier mercredi 18 février 2026, au rythme du souvenir et du recueillement, sous le slogan « Fidélité au serment des martyrs ». Une cérémonie officielle, empreinte d’émotion et de reconnaissance, a été présidée par le wali d’Annaba, Abdelkrim Lamouri, accompagné des autorités civiles, militaires et locales, ainsi que de représentants de la famille révolutionnaire.
Le moment fort de cette journée mémorielle a été l’inauguration officielle de la place du 19 Août 1956, située au cœur de la vieille ville d’Annaba. Chargé d’histoire, cet espace emblématique constitue un haut lieu de la mémoire collective de la ville.
Connue autrefois sous le nom de « Bat’ha Sidi Chérif », cette place occupait une position centrale dans la vie quotidienne de la médina de Bône durant la période coloniale. Elle représentait un véritable carrefour où se mêlaient activités commerciales, rencontres sociales et pratiques religieuses. Centre névralgique de la cité, elle symbolisait l’âme vivante de la vieille ville et le dynamisme de ses habitants.
Cependant, durant l’occupation française, la place a vu son identité altérée. Rebaptisée « Place d’Armes », elle fut transformée en espace d’exhibition de la puissance militaire coloniale. Ce changement d’appellation traduisait une volonté d’affirmation et de domination, au détriment de la mémoire et de l’histoire locales.
Le 19 août 1956, coïncidant avec le jour de Achoura, ce lieu a été le théâtre d’une des plus terribles tragédies qu’ait connues la ville. Les forces coloniales y ont perpétré un massacre sanglant contre les habitants de la vieille ville. Des dizaines de civils innocents sont tombés sous les balles, marquant à jamais la mémoire collective des Annabis. Cet événement tragique demeure l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire locale de la lutte pour l’indépendance.
Après le recouvrement de la souveraineté nationale en 1962, la place a été officiellement rebaptisée « Place du 19 Août 1956 », en hommage aux victimes de cette répression et à l’ensemble des martyrs de la région tombés pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie. Cette dénomination constitue un acte de reconnaissance et de transmission, rappelant aux générations futures le prix de la liberté.
Lors de son allocution, le wali a souligné l’importance de préserver les sites historiques et de valoriser les symboles de la mémoire nationale. Il a rappelé que le devoir de mémoire demeure une responsabilité collective, notamment envers la jeunesse, appelée à s’inspirer du sacrifice des chouhada pour bâtir une Algérie forte et unie.
La cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère de recueillement, ponctuée par le dépôt d’une gerbe de fleurs et la lecture de la Fatiha à la mémoire des martyrs.
En ce 18 février, Annaba a ainsi réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs de Novembre et son engagement à rester fidèle au serment des martyrs.
Gloire et éternité à nos valeureux chouhada.
S.F
