Alors que le compte à rebours des élections présidentielles du FC Barcelone est lancé, deux candidats officiels se détachent : Víctor Font et Joan Laporta. Ce dernier brigue un nouveau mandat après un quinquennat qu’il qualifie de défi le plus ardu de sa carrière. Lors d’une interview accordée à ‘Mundo Deportivo’, le dirigeant de 63 ans a plaidé pour la stabilité de son exécutif et de ses plans, notamment sur le plan sportif.
Questionné sur l’éventualité de voir Hansi Flick l’accompagner durant une nouvelle mandature, l’actuel président s’est montré catégorique : « Oui, je le pense. Tant qu’il conserve cette motivation et qu’il se sent en phase avec la ville, le club et notre groupe de travail, je n’en doute pas. Il est parfaitement épanoui ici et je salue son professionnalisme, sa rigueur et l’enthousiasme qu’il insuffle au Barça. Sa manière de transmettre ses émotions est unique. Je suis ravi de notre entraîneur et notre cap est clair : Flick sur le banc et Deco à la direction sportive. C’est une formule qui fonctionne ».
Pour Laporta, on ne change pas une structure qui gagne : « Cette osmose entre Hansi et Deco est primordiale. Je la protège car elle est rare : Deco et son équipe, incluant Bojan et la commission sportive, travaillent en totale communion avec Hansi et son staff. Cette convergence de vues et la qualité de leurs échanges tirent le projet sportif du Barça vers le haut ».
« Nous disposons d’un effectif qui fait rêver les ‘culés’ et redonne de la fierté au barcelonisme. C’est une équipe compétitive, portée par l’alliance entre le talent brut de la Masia et des renforts extérieurs ciblés. Les supporters sont heureux, et nous ne voulons prendre aucun risque qui pourrait briser cette dynamique », a-t-il martelé.
Revenant sur les coulisses du club, Laporta a comparé la situation actuelle à celle de son premier mandat. Si 2003 était déjà critique, le tableau trouvé il y a cinq ans était bien plus sombre : « L’expérience nous a aidés à tenir bon, mais le défi était bien plus immense. La dette était abyssale, les pertes atteignaient 495 millions d’euros et le chantier sportif était tout aussi colossal ».
« La masse salariale nous étranglait, absorbant la quasi-totalité des revenus du club. Il ne restait rien pour le fonctionnement courant ou les employés. Nous étions proche de la faillite technique. Il a fallu agir vite, d’abord via un crédit auprès de Goldman Sachs, puis grâce aux fameux leviers financiers », a-t-il précisé.
Souvent critiqués, ces leviers financiers sont pourtant défendus bec et ongles par le président : « C’était une solution audacieuse pour éviter de solliciter financièrement les ‘socios’, propriétaires du club. Je rappelle que ces leviers consistent à céder un actif pour une durée définie avant de le récupérer. L’investisseur rémunère simplement cette exploitation temporaire ».
En ce début de pré-campagne, Joan Laporta a dû faire face à une plainte pour gestion déloyale et blanchiment, rapidement rejetée par l’Audiencia Nacional. Un soulagement pour le candidat : « L’essentiel est que cette plainte calomnieuse, truffée de contrevérités, n’ait mené nulle part. Elle n’avait pour but que de nuire ».
Il n’a pas manqué d’égratigner son opposant, Víctor Font : « Il est regrettable qu’un candidat s’empresse de donner du crédit à une telle manœuvre visant à salir le processus électoral. C’est une attitude déplorable qui cherchait uniquement à entacher notre image ».
Enfin, il a fustigé les doutes émis par Font sur la direction sportive : « Pourquoi s’en prendre aux acteurs du terrain à des moments charnières de la saison ? Pourquoi cibler Deco ou Hansi Flick ? Que chacun présente son projet au lieu de déstabiliser le club. C’est une erreur qui manque de classe et qui, à mon sens, le discrédite totalement pour la présidence du Barça ».
SELON BESOCCER
