Si l’affiche entre le Real Madrid et le Bayern Munich est déjà prestigieuse en soi, l’analyse de Karl-Heinz Rummenigge lui donne une dimension supplémentaire. Véritable légende bavaroise et fin connaisseur de ces joutes européennes, tant sur la pelouse qu’en coulisses, l’actuel conseiller du club voit en ce duel « une finale avant l’heure. C’est le sommet absolu, le match des matchs« .
« Il s’agit de la confrontation qui a généré le plus d’émotions au fil des décennies. Dans les années 2000, nous étions l’adversaire le plus redoutable pour le Real Madrid, mais la tendance s’est inversée récemment. De bête noire, nous sommes passés à bête blanche. Avec cinq Ligue des Champions remportées en dix ans, le constat est sans appel », a souligné l’ancienne gloire munichoise.
« Nous assisterons à deux rencontres d’une intensité totale, que ce soit à Madrid ou à Munich », prédit Rummenigge, qui connaît parfaitement le poids du Bernabéu en Ligue des Champions : « L’enceinte impose le respect, tout comme son public. Autrefois, il fallait aussi composer avec l’arbitrage, mais l’énergie dégagée par ce stade est phénoménale. Je me souviens du match contre Manchester City en 2022 : le Real Madrid était virtuellement éliminé avant de renverser la vapeur dans le temps additionnel. Le terrain et les supporters font corps avec l’équipe pour créer un véritable ouragan qui submerge l’adversaire. Il faut avoir les nerfs solides, garder son calme et être prêt mentalement. »
Sur l’issue de la confrontation, il s’attend à un équilibre parfait : « Premièrement, nous avons raison de ne pas endosser le costume de favori, malgré la stabilité de notre effectif. Ce n’est pas un match ordinaire. J’entretiens une grande amitié avec Pep [Guardiola] et je l’avais appelé avant son huitième de finale pour lui souhaiter bonne chance, mais je savais déjà que le Real Madrid de février n’avait plus rien à voir avec celui du début de saison. Après quelques doutes initiaux, ils sont redevenus, au plus tard lors des matchs contre Manchester City, cette équipe capable de tout rafler si on lui en laisse l’opportunité. Nos duels d’il y a deux ans l’illustrent parfaitement : nous avons longtemps mené au score lors du retour au Bernabéu, avant ce double coup de massue qui nous a privé de la finale. »

Rummenigge a également passé en revue certaines individualités, à commencer par un homme passé par les deux institutions : Toni Kroos. « C’est lui qui dictait le tempo et mettait ses attaquants dans les meilleures dispositions. Combler un tel vide sera un immense défi. Par ailleurs, j’avoue avoir un faible pour Valverde, et ce bien avant son ‘hat-trick’ contre Manchester City« , a-t-il précisé.
Enfin, il a évoqué le cas Vinicius : « Il est indispensable et évolue déjà dans le club parfait pour lui. Je ne serais pas surpris qu’il soit l’un des chouchous de Florentino. J’ai entendu dire que des clubs d’Arabie Saoudite frappaient à sa porte, mais je ne le vois pas partir. Florentino est un esthète du ballon rond et fera tout son possible pour le conserver. Son doublé lors du match aller il y a deux ans est encore bien présent dans ma mémoire. »
SELON BESOCCER


