ALGER – La capitale iranienne, Téhéran, et d’autres villes du pays ont été ciblées par des frappes américaines et sionistes, dont une frappe sioniste contre une école pour filles ayant fait 57 martyres et 60 blessées, au moment où les appels à la désescalade se multiplient sur fond de craintes d’une extension de la crise.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé, dans un communiqué, « une violation flagrante de l’intégrité et la souveraineté » du pays, appelant l’Organisation des Nations unies à assumer ses responsabilités.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismael Bakai, a pressé le Conseil de sécurité de tenir une réunion d’urgence afin de dénoncer les frappes sionistes et américaines contre son pays.
Les frappes menées, samedi, par les Etats-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran ont suscité de nombreuses réactions à l’international appelant à la « retenue » et au « dialogue », au moment où l’Iran a fait valoir son droit de défendre son territoire.
En réaction au bombardement du territoire iranien, les Gardiens de la Révolution iranienne ont annoncé, dans un communiqué, le lancement d’une attaque de missiles et de drones de « grande envergure » contre l’entité sioniste au moment où la télévision iranienne a indiqué que les forces
iraniennes ciblaient les troupes américaines dans la région.
- Bakai a affirmé que tous les pays de la région sont des « amis » de l’Iran, mais dans le cadre de la légitime défense, « nous sommes contraints de cibler le lieu à partir duquel l’agression est commise », considérant que « n’importe quel territoire utilisé par les Etats-Unis contre l’Iran représente une cible légitime ».
Le chef des droits de l’homme des Nations unies, Volker Türk, a déploré ces attaques, estimant qu’elles ne feraient que provoquer « la destruction et la souffrance humaine ».
« Comme toujours, dans tout conflit armé, ce sont les civils qui finissent par en payer le prix », a indiqué M. Türk dans un communiqué.
« Les bombes et les missiles ne sont pas la solution pour régler les différends, ils ne font que provoquer la mort, la destruction et la souffrance humaine », a-t-il ajouté.
« Pour éviter ces terribles conséquences pour les civils, j’appelle à la retenue et j’exhorte toutes les parties à faire preuve de raison, à désamorcer la situation et à revenir à la table des négociations où elles cherchaient activement une solution quelques heures plus tôt », a-t-il dit.
De son côté, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, médiateur dans les pourparlers engagés depuis début février entre les Etats-Unis et l’Iran, a déploré que ces négociations aient été « sapées », après le déclenchement de frappes américaines et sionistes contre Téhéran.
« Je suis consterné. Des négociations actives et sérieuses ont une fois de plus été sapées », a réagi M. al-Busaidi sur les réseaux sociaux.
Le Secrétariat général de la Ligue des Etats arabes a mis en garde contre le « grand danger » que connaît actuellement la région, appelant les forces actives au sein de la communauté internationale à « œuvrer en vue de parvenir, au plus vite, à une désescalade et à éviter à la région une progression de l’instabilité et de la violence », tout en appelant au dialogue.
La Ligue arabe a rappelé, à ce propos, que les Etats arabes avaient exprimé des « positions claires concernant la crise iranienne » en refusant toute action militaires contre Téhéran et en déployant de « grands efforts » pour une médiation susceptible d’éviter l’escalade « à laquelle nous assistons ».
Il y a lieu de signaler que des pays de la région, dont le Qatar, ont fermé leurs espaces aériens. Le Qatar a fermement condamné le ciblage de son territoire par les missiles iraniens, considérant qu’il s’agissait d’une « violation flagrante » de sa souveraineté et une « escalade inacceptable » susceptible de menacer la stabilité de la région.
Le Qatar a exigé l’arrêt immédiat de toute action susceptible d’aggraver la situation, appelant au retour à la table des négociations et à faire preuve de sagesse afin d’éviter davantage de confrontations dans la région.
