Le Real Madrid renoue avec la Primera División dans ce qui s’apparente, sur le papier, à une formalité. Forts de leur démonstration face à Manchester City (3-0) en huitième de finale aller de la Ligue des Champions, les Merengues pourraient être tentés par l’excès de confiance, mais la réalité du terrain s’annonce tout autre.
Pour cette 28e journée de Primera División, la Maison Blanche reçoit l’outsider Elche au Santiago Bernabéu. Un rendez-vous qui s’annonce piégeux pour l’équipe locale, tant la menace représentée par le collectif d’Eder Sarabia est réelle.
Si Elche pointe au 17e rang avec seulement 26 unités au compteur — à un souffle de la zone rouge —, la formation ilicitana s’impose comme l’une des équipes les plus joueuses du royaume. Refusant de subir malgré leur statut de « petit », les hommes de Sarabia affichent une personnalité de ‘géant’, se hissant au quatrième rang des équipes tentant le plus de passes par match (508,37), juste derrière les cadors que sont l’Atlético (522,11), le Real Madrid (580,89) et le FC Barcelone (649,67).
Avec une moyenne de 441,81 transmissions réussies par rencontre, la troupe d’Eder Sarabia talonne également le trio de tête (Atlético, Real Madrid et Barcelone). Sur le plan de la créativité, les ‘Franjiverdes’ occupent la sixième place du championnat avec 3,67 passes clés par match, devancés seulement par l’Athletic (3,89), le Real Betis (3,93), l’Atlético (4,07), le Real Madrid (4,56) et le Barça (5,70).
C’est précisément cette audace qui fait d’Elche un véritable « loup déguisé en agneau ». Là où beaucoup s’attendraient à voir une équipe de bas de tableau se recroqueviller en attendant le déluge, les protégés de Sarabia s’efforcent d’imposer leur identité, privilégiant une relance propre depuis l’arrière et une progression basée sur la possession et le jeu de position.

Une esthétique séduisante, mais un manque de tranchant
Paradoxalement, cette volonté de confisquer le cuir ne se traduit pas toujours au tableau d’affichage. L’équipe d’Eder Sarabia traverse une zone de turbulences en cette seconde moitié de saison, restant sur une inquiétante série de 10 matchs sans la moindre victoire en championnat national.
Le talon d’Achille des ‘Franjiverdes’ est limpide : une possession parfois stérile. Ils figurent parmi les formations les moins dangereuses avec seulement 10,11 tentatives par match. En isolant les tirs cadrés (3,89 par match), ils parviennent tout juste à devancer Alavés, Majorque ou encore Séville.
Toutefois, l’efficacité relative d’Eder Sarabia et ses hommes mérite d’être soulignée : avec 35 tirs cadrés au total jusqu’ici, ils font mieux que 11 autres écuries de l’élite, soit plus de la moitié du championnat.
Au-delà du ballon, Elche s’appuie sur une organisation défensive rigoureuse et un pressing coordonné. À la perte, le bloc remonte d’un cran pour étouffer l’adversaire, tout en conservant des lignes compactes pour verrouiller les intervalles.
Avec 41 buts encaissés, leur arrière-garde se montre plus imperméable que celle de leurs concurrents directs pour le maintien (Majorque, Levante et le Real Oviedo), et fait même mieux que des équipes mieux classées comme Gérone (43) ou Séville (42).
Forts de ce statut de « petit aux dents longues », les ‘Franjiverdes’ visent un exploit retentissant. Pour cause, ils n’ont plus battu les ‘Merengues’ en Primera División depuis le 4 mars 1978. À l’époque, ils s’étaient imposés 3-1 grâce à des réalisations d’Anton, Gomez Voglino et Felix.
SELON BESOCCER

