La 3e édition du Forum de la diplomatie des jeunes, tenue à Oran en fin de semaine, a mis en lumière une participation soutenue et des échanges de fond autour des mutations profondes qui redéfinissent aujourd’hui l’action diplomatique. Réunis au sein de six ateliers spécialisés, les participants ont formulé une série de propositions concrètes traduisant une compréhension rapide des enjeux internationaux contemporains, notamment à l’ère du numérique et des recompositions
géopolitiques. Les travaux ont débouché sur une série de recommandations couvrant plusieurs champs d’application, faisant apparaître une large vision de la diplomatie, désormais perçue comme un levier multidimensionnel au service du positionnement international de l’Algérie.
Le communiqué final de la réunion a ainsi insisté sur la nécessité d’adapter les cadres institutionnels et réglementaires afin de permettre une implication poussée des jeunes dans la réflexion et l’action diplomatiques.
Les participants ont plaidé un assouplissement des mécanismes existants afin de favoriser la formulation d’initiatives innovantes liées à la promotion économique extérieure et à la liberté d’entreprendre. L’accent a été mis sur l’importance de renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés, tout en modernisant le système financier pour offrir davantage de flexibilité et un meilleur accompagnement des entreprises algériennes engagées à l’international.
Concernant la diplomatie culturelle, les échanges ont souligné que la diversité culturelle algérienne constitue un capital stratégique insuffisamment exploité. Les recommandations ont appelé à valoriser ce patrimoine dans la défense de l’intérêt national, tout en développant les compétences des jeunes afin de leur permettre de jouer un rôle actif dans le rayonnement culturel à l’étranger.
La diplomatie culturelle, un capital stratégique
La diplomatie numérique a occupé une place de choix dans les débats. Les participants l’ont identifiée à un outil majeur de la puissance subtile, largement utilisé par les États pour renforcer leur influence à travers les espaces numériques et les réseaux sociaux. Ils ont, parallèlement, alerté sur les risques liés aux nouvelles formes de conflits informationnels, soulignant l’impératif de maîtriser les outils numériques, d’en appréhender les menaces et d’assurer une diffusion rigoureuse et responsable de l’information, dans le respect de l’image et de l’intérêt stratégique du pays.
En matière de diplomatie parlementaire, les discussions ont fait ressortir la nécessité de renforcer la présence des jeunes parlementaires au sein des instances exécutives des Parlements régionaux et internationaux, ainsi que dans les groupes d’amitié bilatéraux, afin d’accroître leur contribution aux échanges institutionnels et à la coopération multilatérale.
Encourager la représentation des sportifs
Les ateliers consacrés à la diplomatie sportive ont, quant à eux, mis l’accent sur l’importance d’encourager la représentation des sportifs et des cadres algériens au sein des fédérations et des instances sportives régionales et des internationales. Les participants ont également recommandé de renforcer leurs compétences juridiques et cognitives, tout en assurant une meilleure protection de leurs droits et une formation adaptée aux enjeux diplomatiques du sport. S’agissant de la diplomatie climatique, les débats ont porté sur le rôle stratégique de la diplomatie de l’eau comme instrument de prévention des conflits, tout en insistant sur la nécessité de concilier diversification des ressources hydriques et exigences de durabilité environnementale.
Les exhortations ont appelé à renforcer les compétences techniques des jeunes et à sensibiliser l’ensemble des acteurs concernés sur les défis climatiques. Dans leur ensemble, les conclusions du forum traduisent un niveau élevé de maturité et de conscience chez les jeunes « associés » face aux défis émergents. Elles mettent en évidence leur capacité à formuler des propositions opérationnelles et réalistes, appelant à une diplomatie renouvelée, dépassant le cadre traditionnel pour intégrer les dimensions économique, culturelle, sportive, numérique et environnementale. Une approche globale destinée à consolider la place de l’Algérie sur les scènes régionale et internationale.
Le rôle stratégique des jeunes
Le Forum de la diplomatie de la jeunesse est une rencontre d’envergure consacrée au rôle stratégique des jeunes dans l’action diplomatique et les relations internationales. Placée sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette manifestation se tient sous le slogan évocateur «Une vision qui se construit… une patrie qui se protège». Organisé par le Conseil supérieur de la jeunesse, la rencontre d’Oran a rassemblé près de 200 jeunes acteurs, experts, chercheurs et spécialistes des domaines diplomatiques et des relations internationales, venus de différentes wilayas du pays, en présence des responsables hiérarchiques. Ce forum s’inscrit dans une dynamique visant à promouvoir la diplomatie de la jeunesse comme levier essentiel du renforcement de la présence algérienne sur la scène internationale. L’objectif est d’outiller les jeunes participants afin qu’ils puissent mieux appréhender les mutations géopolitiques contemporaines, développer leurs capacités d’analyse et contribuer à la construction de partenariats durables avec leurs homologues à travers le monde. Le ministre, Mustapha Hidaoui, a souligné que l’implication des jeunes Algériens dans l’action diplomatique relève d’une vision stratégique lancée en 2022, visant à faire de la jeunesse un partenaire privilégié dans l’édification de la nouvelle Algérie. Il a rappelé que la diplomatie de la jeunesse constitue un prolongement naturel de l’héritage laissé par les jeunes de la guerre de Libération nationale, qui avaient su conjuguer lutte sur le terrain et action diplomatique pour faire triompher les causes justes.
Les constantes de la politique étrangère
Le ministre a également insisté sur l’importance de défendre, à travers cette diplomatie parallèle, les causes nationales et universelles, notamment la cause palestinienne et la question sahraouie, considérées comme des constantes de la politique étrangère algérienne.
Pour sa part, le secrétaire général de la wilaya d’Oran a invité les participants à tirer pleinement profit des espaces de dialogue offerts par le colloque, à échanger expériences et points de vue, et à renforcer leurs compétences afin de mieux représenter l’Algérie dans les différentes instances internationales. De son côté, le président du Conseil supérieur de la jeunesse libyen a mis en avant le rôle croissant de la diplomatie de la jeunesse en tant qu’outil d’influence délicate, contribuant ainsi à améliorer l’image des États, à rapprocher les peuples et à ancrer les valeurs du dialogue et de la paix dans un monde en perpétuelle mutation.
Les travaux du forum ont porté sur plusieurs axes majeurs, notamment la participation des jeunes à la diplomatie publique, les expériences algériennes en matière de représentation internationale de la jeunesse, les mécanismes de construction de l’image de l’Algérie à l’étranger à travers des initiatives innovantes, ainsi que la formation aux techniques de dialogue, de négociation et de communication diplomatique. L’événement a également été marqué par le lancement d’un guide électronique des participations diplomatiques, conçu comme un outil de référence interactif destiné à encadrer et structurer l’implication des jeunes dans les activités diplomatiques, tant au niveau national qu’international. Des ateliers de formation spécialisés et des présentations de projets portés par des jeunes, actifs dans le domaine de la coopération internationale, sont également au programme. Cette 3e édition constitue une étape qualitative dans le processus de consolidation de la diplomatie de la jeunesse en Algérie, en parfaite adéquation avec les orientations nationales visant à autonomiser les jeunes, à les associer à la prise de décisions et à renforcer leur présence dans les forums internationaux.
