Algérie : Une réforme budgétaire pour débloquer les projets et payer les enterprises

 

Ministère des Finances

Face aux retards persistants dans la réalisation des projets d’investissement public, les autorités financières algériennes ont décidé de revoir les mécanismes de gestion des crédits. La Direction Générale du Budget a ainsi introduit une nouvelle procédure de notification des crédits de paiement destinés aux investissements publics, dans le cadre de la Loi de finances 2026 (Algeria).

Cette réforme vise à débloquer une situation marquée par des chantiers ralentis, des entreprises de réalisation en attente de paiement, et des budgets publics difficilement mobilisés sur le terrain.

Optimisation des crédits d’investissement

Les difficultés d’exécution budgétaire constituent un problème récurrent en Algérie. Lors du dernier exercice, seulement 42 % des crédits d’investissement alloués ont été effectivement consommés, ce qui illustre les obstacles administratifs et organisationnels qui freinent la concrétisation des projets publics.

Cette situation entraîne des conséquences concrètes : des entreprises attendent parfois plusieurs mois pour être payées, tandis que certaines wilayas peinent à redéployer leurs budgets vers des opérations jugées prioritaires.

Pour tenter de remédier à ces blocages, la Direction générale du budget a publié une correspondance officielle datée du 4 mars 2026, signée par son directeur général, Loukam Reza.

Nouveau système de notification et délégation budgétaire

La nouvelle procédure repose sur un système de notification groupée des crédits par programmes et sous-programmes. Elle accorde davantage de marge de manœuvre aux responsables de programmes pour réorienter les budgets vers les projets les plus urgents, sans attendre les longues procédures administratives habituelles.

L’objectif est d’améliorer la réactivité dans l’exécution des investissements publics, tout en évitant l’engorgement bureaucratique qui ralentit souvent le lancement ou la poursuite des chantiers.

Le nouveau dispositif introduit un mécanisme de délégation structuré en trois niveaux.

Dans un premier temps, le responsable de programme répartit les crédits reçus entre les différentes activités, y compris les projets décentralisés et les programmes complémentaires de développement des wilayas.

Ensuite, le responsable d’activité procède à la distribution des crédits entre les opérations concrètes, en tenant compte de l’avancement réel des travaux sur le terrain.

Enfin, toute allocation supplémentaire de crédits devra être accompagnée d’un dossier justificatif, afin de garantir la transparence et la traçabilité de la dépense publique.

Un suivi amélioré pour une gestion transparente

La réforme prévoit également un système de suivi plus structuré. Les responsables d’activité devront transmettre des rapports détaillés sur la répartition des crédits et les éventuels ajustements réalisés en cours d’exercice.

Le responsable de la fonction financière consolidera ensuite ces informations et les transmettra tous les trois mois au Ministère des Finances afin d’assurer un contrôle régulier de l’exécution des investissements publics.

La circulaire s’adresse notamment aux secrétaires généraux des ministères, aux responsables financiers, aux gestionnaires de programmes et aux walis, appelés à appliquer strictement ces nouvelles dispositions.

En combinant décentralisation des décisions budgétaires et contrôle centralisé, les autorités espèrent améliorer l’efficacité de l’investissement public, souvent jugée insuffisante par les experts économiques.

L’enjeu est important : accélérer la concrétisation des projets publics et transformer plus efficacement les budgets votés en réalisations concrètes sur le terrain, au bénéfice du développement économique et territorial du pays.

 

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