Le FC Barcelone n’a pas signé le miracle espéré, mais l’Atlético de Madrid a bel et bien réussi le sien. L’analyse statistique de ce 3-0 est sans appel : si l’équipe de Flick a livré la prestation hégémonique dont elle avait besoin, le manuel de résistance de Simeone a fonctionné envers et contre tout.
Quel que soit l’angle d’approche, les chiffres confirment l’écrasante supériorité des Blaugranas. Certaines données sont particulièrement révélatrices : à lui seul, Lamine Yamal a réussi plus de dribbles que tout l’Atlético. Le prodige espagnol a vu 14 de ses 21 tentatives aboutir, quand le bilan collectif des ‘Colchoneros’ plafonne à 9/15.

Au-delà d’une possession de balle de 71%, c’est le volume de jeu du FC Barcelone qui impressionne. Les Catalans ont complété 606 passes sur 704 tentées, contre seulement 210 sur 282 pour leurs adversaires. Un ratio de quasiment un pour trois, avec une cadence infernale de 6 passes réussies par minute.
Dans ce registre, la partition de Pedri a frôlé la perfection. Sa carte de passes, affichant 90,1% d’efficacité malgré une zone d’influence située dans le dernier tiers où le bloc ‘Rojiblanco’ était le plus compact, est un modèle du genre. Sur ses 82 passes réussies, 49 étaient verticales, 22 orientées vers la zone de vérité, 11 progressives et 5 longues. Pour couronner le tout, il a remporté l’intégralité de ses duels défensifs (10/10), prouvant son abnégation dans le repli.

S’il s’est montré impérial dans ses interventions défensives, le rôle de Pau Cubarsí dans la construction a également été prépondérant. Le défenseur central s’est mué en véritable meneur de jeu reculé pour initier les offensives. Son bilan de 109/114 passes réussies témoigne d’une fiabilité sidérante au regard de la verticalité de son jeu.
La tempête parfaite
Cette domination territoriale s’est traduite par une pression constante sur le but madrilène. Si le FC Barcelone n’a pas réussi à arracher la prolongation, il a littéralement asphyxié son rival sur le plan offensif : un 15-0 net aux corners et un 21-7 aux tirs (dont 9-2 cadrés) illustrent ce déséquilibre.
Le Barça de Flick ne s’est pas contenté d’évoluer dans le camp adverse ; il a fait le siège de la surface de Juan Musso. Le portier argentin, auteur de six arrêts décisifs, a d’ailleurs évité un naufrage total aux siens. Les locaux ont touché le ballon à 34 reprises dans la surface adverse, contre seulement 10 pour les hommes de Simeone.
Le graphique du réseau de passes met en lumière cette physionomie de match : un Atlético contraint de se recroqueviller devant son but face à un bloc barcelonais positionné très haut sur le terrain.

Le domaine où l’Atlético a tenu bon
Malgré ce calvaire statistique, l’Atlético a su faire preuve de sang-froid là où le FC Barcelone a manqué de lucidité. Poussés par l’urgence et frustrés par l’organisation défensive de Simeone, les Catalans ont parfois abusé de centres imprécis. Sur 37 tentatives, seules 8 ont trouvé preneur. De son côté, la défense madrilène a fait le dos rond en dégageant le ballon à 31 reprises pour se donner de l’air, soit une intervention défensive d’urgence toutes les trois minutes.

SELON BESOCCER

