Englué à la 16ème place de la Premier League, Tottenham Hotspur ne compte plus qu’un petit point d’avance sur la zone rouge après son naufrage à domicile (1-3) face à Crystal Palace jeudi dernier.
Les Londoniens flirtent dangereusement avec une relégation en deuxième division, une première depuis la saison 1977-78, après avoir concédé au moins deux buts lors de neuf rencontres consécutives en championnat — une triste première historique.
Les ‘Spurs’ restent sur cinq revers consécutifs en championnat et n’ont plus goûté à la victoire depuis 11 matchs dans l’élite, une série noire inédite depuis 1975.
Dans ce climat délétère, les hommes d’Igor Tudor espèrent panser leurs plaies nationales par un exploit face à l’Atlético en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Cependant, ce déplacement de Tottenham Hotspur dans la capitale espagnole rappellera cruellement aux supporters le gouffre qui sépare le club actuel de sa dernière épopée au Metropolitano, il y a sept ans.
Lors de son accession à la finale de la Ligue des champions en 2019, le collectif de Mauricio Pochettino, porté par des cadres comme Harry Kane, Son Heung-min, Christian Eriksen et Hugo Lloris, s’imposait comme une puissance montante. Mais l’aventure s’était soldée par une défaite 2-0 contre Liverpool au terme d’une prestation insipide.
À peine cinq mois plus tard, le limogeage de Pochettino amorçait un lent déclin qui pourrait aujourd’hui s’achever avec l’humiliation d’une descente. Au-delà des souvenirs amers du Metropolitano, ce duel face aux ‘Colchoneros’ met en lumière les raisons pour lesquelles Tottenham Hotspur traîne cette image d’éternel ‘underachiever’ du football anglais.
En 1963, les Londoniens avaient pourtant corrigé l’Atlético 5-1 en finale de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe, devenant le premier club britannique sacré sur la scène continentale — deux ans seulement après avoir réalisé le doublé championnat-FA Cup. Une hégémonie qui n’est plus qu’un lointain mirage pour les fans des Spurs depuis des décennies.
‘Les joueurs doivent assumer leurs responsabilités’
Daniel Levy, aux commandes de Tottenham pendant près de 25 ans avant son départ surprise en septembre, a longtemps cristallisé les critiques. Mais le chaos qui a suivi son départ a braqué les projecteurs sur la nouvelle direction de Tottenham Hotspur, incarnée par le directeur sportif Johan Lange et le PDG Vinai Venkatesham.
Si les investissements colossaux dans un stade ultramoderne et un centre d’entraînement de standing donnent à Tottenham l’allure d’un cador européen, les turbulences qui ont secoué le club ces 18 derniers mois témoignent d’un déclassement certain.
Même le sacre en Ligue Europa la saison dernière, mettant fin à 17 ans de disette, n’a pas suffi à dissiper ce parfum d’échec qui colle à la peau du club. Ange Postecoglou a été remercié dans la foulée de ce titre européen, victime d’un parcours domestique catastrophique voyant Tottenham chuter à la 17ème place de la Premier League, son pire classement depuis 1977.
Si l’audace tactique excessive de l’Australien a précipité sa chute, son remplacement par le pragmatique Thomas Frank s’est avéré être un choix calamiteux.
Porté aux nues pour ses exploits avec un budget limité à Brentford, le technicien danois a rapidement perdu son vestiaire et ses supporters avec un plan de jeu d’une austérité déconcertante. Alors que Tottenham Hotspur revendique fièrement sa devise ‘To Dare Is To Do’, l’ère Frank a été marquée par une prudence maladive.
La direction a mis moins de huit mois à reconnaître son erreur. Frank a été évincé le 11 février, mais l’intérimaire Tudor n’a toujours pas trouvé la clé, Tottenham ayant concédé trois défaites pour ses trois premières sorties sur le banc.
Depuis 1950, Tottenham Hotspur n’a passé qu’une seule saison hors de l’élite. Avec seulement neuf matchs pour arracher le maintien, la panique gagne les rangs d’un effectif dirigé par Tudor et décimé par les blessures.
L’attaquant des ‘Spurs’, Dominic Solanke, a révélé que Tudor et ses partenaires s’étaient expliqués sans détour après le revers contre Crystal Palace. « Nous avons eu une franche discussion entre nous ; nous devons prendre conscience qu’il faut hausser notre niveau de jeu, et ce dès maintenant », a-t-il confié.
« Il faut être lucide sur notre situation. Nous, les joueurs, devons assumer nos responsabilités. Nous devons nous assurer d’être prêts pour le prochain match et tout mettre en œuvre pour inverser la tendance. »
SELON BESOCCER

