La décision des autorités algériennes de revaloriser la prime touristique, portée de 95 à 750 euros, s’inscrit dans une démarche visant à préserver la dignité du citoyen algérien et à lui permettre de voyager à l’étranger dans des conditions convenables, incluant hébergement décent, restauration adéquate et découverte culturelle.
Toutefois, sur le terrain, cette mesure suscite une controverse grandissante. L’objectif initial, fondé sur la promotion du tourisme et l’amélioration de l’image du citoyen algérien à l’étranger, semble parfois s’éloigner de la réalité observée.
En effet, des pratiques détournées ont été relevées, notamment des séjours de courte durée effectués uniquement à des fins administratives, sans réelle activité touristique. Certains bénéficiaires se contentent du minimum requis avant de regagner le territoire national, la finalité étant la récupération intégrale de la prime, souvent écoulée par la suite sur le marché informel.
Ces comportements entraînent des scènes d’encombrement aux postes frontaliers et devant les établissements bancaires, et soulèvent des préoccupations quant à l’efficacité du dispositif et à son impact réel sur le secteur touristique. Par ailleurs, ces dérives contribuent à porter atteinte à l’image du pays et à détourner des ressources financières destinées à un objectif précis.
Face à cette situation, plusieurs voix appellent à une révision du mécanisme d’attribution et de contrôle de la prime touristique, à travers un encadrement plus strict, des conditions d’éligibilité renforcées ou une meilleure traçabilité de l’utilisation des fonds.
Si le principe du soutien au citoyen demeure légitime, les observateurs estiment qu’il devient nécessaire d’adapter les outils de mise en œuvre afin de s’assurer que cette aide serve effectivement à la promotion du tourisme et non à des pratiques spéculatives et des intérêts personnels.
Entre ambition sociale et impératif de bonne gouvernance, la question de l’allocation touristique pose aujourd’hui le défi d’un équilibre à trouver entre accompagnement du citoyen et préservation de l’intérêt général.
S.F
