Stellantis fait le point sur son bilan : Ce qui change pour les clients en 2026

 

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Le géant automobile Stellantis a annoncé un virage stratégique radical. Face à une transition électrique plus lente que prévu et des difficultés opérationnelles, le groupe dirigé par Antonio Filosa provisionne 22 milliards d’euros de charges exceptionnelles et suspend son dividende. Objectif : remettre le client et la « liberté de choix » au centre du jeu.

En effet, Stellantis vient de confirmer ce que beaucoup d’analystes redoutaient : le coût du virage forcé vers le tout-électrique a été sous-estimé. À travers son communiqué, le constructeur aux 14 marques (Peugeot, Fiat, Jeep, Ram…) annonce une restructuration comptable sans précédent pour « nettoyer » son bilan et repartir sur de nouvelles bases.

Un « mea culpa » financier à 22,2 milliards d’euros

Le chiffre donne le vertige : 22,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles enregistrées sur le second semestre 2025. Cette décision fait suite à une évaluation approfondie menée par la nouvelle équipe de direction.

Selon Antonio Filosa, CEO de Stellantis, ce « reset » est le prix à payer pour avoir « surestimé le rythme de la transition énergétique ». Le groupe reconnaît s’être éloigné des « besoins et des moyens financiers réels » de ses clients.

Le détail des charges :

  • 14,7 milliards d’euros liés à l’arrêt ou au redimensionnement de projets de véhicules électriques (BEV), dont l’annulation du très attendu Ram 1500 BEV.
  • 2,1 milliards d’euros pour rationaliser la production de batteries.
  • 5,4 milliards d’euros pour des révisions de garanties contractuelles et des restructurations d’effectifs en Europe.

Le retour du thermique et de l’hybride : la « Liberté de choix »

Le nouveau dogme de Stellantis tient en trois mots : Liberté de choix. Si le groupe maintient ses ambitions électriques à long terme, il réhabilite immédiatement les moteurs thermiques de pointe et les hybrides pour répondre à la demande actuelle du marché.

Ce changement de cap se traduit déjà par des annonces fortes :

  • Le retour du mythique moteur V8 HEMI® sur le Ram 1500.
  • Le lancement de modèles hybrides stratégiques comme la Fiat 500 Hybrid.
  • Une offensive produit en 2025 avec 10 nouveaux lancements, dont la Fiat Grande Panda et les nouvelles Citroën C3 et C5 Aircross.

« Nous remettons nos clients et leurs attentes au cœur de toute notre action », insiste Antonio Filosa.

Dividende suspendu et obligations hybrides : priorité à la trésorerie

Conséquence directe de la perte nette abyssale attendue pour 2025 (estimée entre 19 et 21 milliards d’euros), Stellantis prend une décision radicale pour ses actionnaires : aucun dividende ne sera versé en 2026.

Pour préserver sa solidité financière, le conseil d’administration a également autorisé l’émission d’obligations hybrides à hauteur de 5 milliards d’euros. Le groupe peut néanmoins compter sur une réserve de sécurité confortable avec 46 milliards d’euros de liquidités disponibles à fin 2025.

Des signes de reprise pour 2026 ?

Malgré ce séisme financier, Stellantis voit des signaux encourageants. Au second semestre 2025, les volumes ont rebondi de +11%, portés par une performance solide en Amérique du Nord (+39%). La qualité semble également s’améliorer : les problèmes signalés lors du premier mois de service ont chuté de 50% aux USA.

Pour 2026, le groupe prévoit une croissance modérée du chiffre d’affaires et une amélioration progressive de sa marge opérationnelle.

Le marché attend désormais avec impatience l’Investor Day du 21 mai prochain. Antonio Filosa y dévoilera les détails de son nouveau plan stratégique, qui devra prouver que Stellantis peut rester rentable dans un monde automobile plus incertain que jamais.

 

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