Contamination du personnel de la santé: Les médecins appellent au renfort

En première ligne depuis un an et demi, le système de santé publique souhaite le renfort en personnel du secteur parapublic, de la santé militaire et du secteur privé pour venir à bout de la Covid-19 et du variant Delta. Il espère également une progression de la vaccination au sein du corps médical visiblement réticent.

Mobilisés en première ligne pour faire face à la Covid-19, les professionnels de la santé sont de plus en plus infectés par le virus SARS-CoV-2. Une situation qui s’avère, ces derniers jours, très préoccupante. Outre le risque d’une propagation nosocomiale, leur contamination peut aboutir à une réduction importante des effectifs pour affronter la pandémie en pleine recrudescence.
Pour le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), le Dr Lyès Merabet, l’atteinte du personnel de la santé est une «déperdition» qui ampute le secteur de moyens humains en pleine situation épidémiologique qui ne fait qu’empirer. «Perdre de l’effectif se répercute directement sur la prise en charge des malades et le fonctionnement des structures de santé», assure-t-il.
Des professionnels de la santé qui sont d’ailleurs, précise-t-il, «exténués» en raison de la pression qui pèse sur eux depuis de longs mois et qui ne cesse d’augmenter. «Le secteur de la santé publique risque un effondrement au moment où d’autres moyens n’ont pas été utilisés convenablement jusqu’à présent. Le personnel de la santé publique a besoin d’être soulagé d’au moins d’une partie de l’activité, notamment la vaccination et la prise en charge des autres pathologies», fait-il remarquer.
Le Dr Merabet insiste, à cet effet, sur l’urgence de mobiliser d’autres professionnels qui relèvent du secteur parapublic, du secteur privé et de la santé militaire. «Dans une situation de crise, il faut penser à mobiliser et à mutualiser tous les efforts du personnel et de tout le matériel. Il faut impliquer le personnel médical et paramédical de la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (Cnas), des universités, du secteur de la solidarité nationale et de celui de la jeunesse et des sports, ainsi que la santé militaire et le secteur privé de la santé», dit-il.
À lui seul, poursuit-il, le secteur privé compte 50% des médecins généralistes et pas moins de 80% de médecins spécialistes pour certaines spécialités, ainsi que du personnel paramédical. «Les agents des laboratoires d’analyses, eux aussi, peuvent être injectés dans le plan d’action d’urgence pas uniquement pour la lutte contre la Covid-19 mais également pour la prise en charge d’autres pathologies qui sont délaissées en raison des hôpitaux réquisitionnés pour la Covid-19», note-t-il.
Évoquant la campagne de vaccination, le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) précise que celle-ci est actuellement assurée uniquement par le personnel de la santé publique. «Ce personnel est à la fois sur plusieurs fronts. Outre les consultations, les urgences, les services Covid-19 et les autres problèmes de santé, il y a aussi la campagne de vaccination qui pèse sur l’activité du secteur public puisqu’elle l’ampute de médecins, d’infirmiers et d’agents. Beaucoup de secteurs notamment nos collègues du secteur privé peuvent justement nous aider et s’occuper au moins de la campagne vaccinale», dit-il.
Il rappelle, par ailleurs, le nombre de contaminations du personnel de la santé qui a atteint, depuis l’avènement de la pandémie jusqu’à fin juin dernier, plus de 20 cas. «Le secteur de la santé a également enregistré 350 décès tous corps confondus, dont 204 médecins activant dans les secteurs privé et public», précise-t-il.

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