Le marché couvert d’Annaba, connu localement sous le nom de « marché françis » ou « marché El-Hout », se retrouve aujourd’hui dans un état de dégradation avancé, car là où l’on promène son regard, les lacunes nous interpellent. Déjà, au premier contact visuel, l’on est inévitablement frappé par l’aspect vieillot de la bâtisse : une façade décrépie, à peine couverte d’une peinture écaillée ayant subi l’effet du temps et de l’humidité, d’une couleur incertaine, des odeurs nauséabonde et des rats qui se promènent en toute tranquillité. Il n’y a qu’à faire quelques pas vers l’entrée de la poissonnerie aussi pour être saisi par l’impression d’abandon et on se sent vite rattrapé par les signes d’une dégradation omniprésente. Pourtant cette poissonnerie était jadis un joyau de la ville d’Annaba, abritant du poisson tout frais de toutes sortes. Cette structure construite en 1936 et inaugurée en 1938 a perdu beaucoup de son look, en raison d’une situation totalement anarchique suite à l’absence des pouvoirs publics. Situé au centre-ville et occupant un îlot entier qui se situe à l’intersection de deux artères principales de la ville, à savoir Ibn-Khaldoun (ex-Gambetta) et Emir Abdelkader (ex-Bugeaud) d’une part et de l’autre l’intersection de deux autres ruelles, le marché couvert mérite d’avoir une part de budget de wilaya pour sa mise à niveau et sa réhabilitation. Si ce projet de rénovation de ce marché se concrétise, surement qu’il fera le bonheur des bônois.
Sihem Ferdjallah
