Contrebande de bétail algérien : L’aveu d’un boucher tunisien fait réagir, l’APOCE s’indigne

 

Contrebande de bétail Algérie – Tunisie

« Ne nous sommes pas contre nos frères, mais la contrebande est un crime économique. Autant cela leur profite, autant cela nous nuit. » C’est par cette déclaration que Mustapha Zebdi, directeur de l’APOCE (Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur), a tenu à réagir aux propos relayés par un reportage tunisien dans lequel un boucher reconnaît le rôle du bétail entré illégalement d’Algérie dans l’approvisionnement du marché tunisien.

Dans ce reportage, interrogé sur la cherté de la viande rouge « malgré la disponibilité du bétail« , le boucher tunisien livre un témoignage qui en dit long sur la réalité du terrain :

« Non, le bétail n’est pas vraiment disponible. Mais là, c’est exceptionnel. Normalement, je ne devrais pas le dire – parce que bon, ce n’est pas tout à fait légal – mais si l’Algérie ne nous ouvrait pas ses frontières et ne nous aidait pas avec le bétail, les prix auraient explosé. »

Des mots prononcés avec une franchise désarmante, qui confirment ce que beaucoup soupçonnaient. L’important flux de bétail franchissant la frontière Ouest vient combler le vide sur le marché tunisien, victime d’une baisse de son cheptel local.

Contrebande de bétail : dans un reportage tunisien, un boucher confie que sans l’apport algérien, « les prix auraient explosé »

Si pour le consommateur tunisien, cette manne providentielle permet d’éviter la pénurie et de maintenir des prix « corrects » (bien qu’élevés selon la reporter), le constat est tout autre du côté algérien.

Soulignons le paradoxe. Ce bétail, qui part vers l’Est, est souvent le même qui a bénéficié en amont des subventions de l’État algérien (aliments de bétail, maïs, orge). Une fois la frontière franchie, ces animaux échappent totalement au circuit économique national, sans aucune retombée pour le pays qui a contribué à leur élevage.

A travers sa publication, le directeur de l’APOCE met en garde contre ce qu’il qualifie de « crime économique ». Selon lui, si ce commerce informel profite indéniablement au voisin tunisien, il fragilise en retour la filière rouge algérienne et prive l’économie nationale de ressources précieuses.

Ce témoignage, venu de l’autre côté de la frontière, a au moins le mérite de mettre des mots sur une réalité trop souvent tue. Face à ce constat, des solutions existent-elles pour endiguer ce phénomène ?

 

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