Après son revers à Pampelune et la perte de son fauteuil de leader en Liga, le Real Madrid bascule en mode Champions League. Forts de leur succès 0-1 à Lisbonne, les Merengues entendent valider leur billet pour les huitièmes de finale au Santiago Bernabéu.
Comme le veut la tradition à la veille des joutes européennes, un cadre du vestiaire s’est prêté au jeu des questions-réponses. Cette fois, c’est Thibaut Courtois qui a pris la parole pour faire le point sur l’état de forme de la Maison Blanche.
Les clés de la qualification
« Le plus important sera de sentir l’appui de notre public dès la première minute et d’afficher une implication totale d’entrée de jeu. Ce 0-1 est un score piège. Nous devrons faire preuve de concentration, d’intensité et d’une attitude irréprochable. »
Le fléau du racisme
« Nous sommes à un tournant où le football doit éradiquer ces comportements. Nous savons ce que Vinicius Jr nous a rapporté. Ces incidents se sont répétés trop souvent sur les terrains et dans les tribunes, il est temps d’y mettre un terme. La décision de l’UEFA est un signal fort et nécessaire. »
La sortie de Mourinho
« Mourinho reste Mourinho. En tant qu’entraîneur, il est logique de défendre son club et son joueur, mais j’ai été déçu de le voir pointer du doigt la célébration de Vini. Il n’a rien fait de mal. On ne peut pas justifier un acte de racisme présumé par une simple célébration. »
Les attaques de Chilavert contre Vinicius et Mbappé
« C’est affligeant. De tels propos n’ont pas leur place dans la société actuelle, et c’est encore plus regrettable venant d’un ancien de la profession. »
La réponse aux propos de Rui Costa sur Fede Valverde
« Ressortir l’affaire Fede… cela n’a aucun rapport. Il n’a jamais eu l’intention de frapper un adversaire. Concernant Prestianni, c’est délicat, ce sera toujours parole contre parole. Nous soutenons Vinicius Jr à 100 %. Il a beaucoup subi et n’aurait jamais inventé de tels propos. Il l’a entendu distinctement, comme cela lui est déjà arrivé trop souvent, et je le crois sans réserve. Comme l’autre s’est couvert la bouche, nous ne connaîtrons jamais le fin mot de l’histoire. Benfica défend son joueur, c’est attendu. Désormais, c’est à l’UEFA et aux instances de prendre leurs responsabilités. »
L’accueil réservé à Prestianni sur le terrain
« C’est un sujet que nous n’avons pas encore abordé entre nous. Nous verrons quelle attitude collective adopter le moment venu. »
La défense de Prestianni (insulte homophobe plutôt que raciste)
« S’il a effectivement dit cela, je trouve ça tout aussi grave. Ce sont des insultes homophobes. Ce qui s’est passé dans les gradins du Da Luz était également inadmissible. Qu’un joueur nous plaise ou non est une chose, mais ces gestes racistes sont déplorables. J’ignore si Benfica a condamné ces agissements ou s’ils comptent poursuivre les auteurs des cris de singe… mais le racisme, comme l’homophobie, est intolérable. Ce sont des offenses d’une égale violence. Si ses propos à découvert sont déjà de cet ordre, on peut imaginer le pire lorsqu’il se cache la bouche. »
Le penalty litigieux à Pampelune
« C’est une phase de jeu complexe. Nous, les gardiens, sommes souvent vulnérables sur ces actions. Avec la VAR, l’image est figée, décortiquée au ralenti… Même s’il y a un léger contact, c’est lui qui glisse son pied sous le mien. Ce n’est pas un croche-pied délibéré et il se plaint pourtant du tibia. Ce que l’arbitre oublie, c’est que le ballon était déjà loin, il n’y avait pas d’occasion de but manifeste. On me rétorque que ma sortie justifie la faute, mais il n’avait plus le contrôle du ballon. Ce week-end, des tacles bien plus appuyés n’ont pas été sifflés. Je suis convaincu que si c’est Alaba ou Asensio à ma place, il n’y a rien ; mais le statut de gardien change la donne. Ma sortie était mal maîtrisée, certes, mais il n’y a aucune intention de marcher sur l’adversaire. Nos courses se croisent et, avec l’inertie, il se retrouve en dessous. Pour moi, il n’y a pas penalty, même si un attaquant soutiendra le contraire. La VAR devrait davantage prendre en compte la trajectoire du ballon et qui en a la maîtrise. »
L’évolution du protocole anti-racisme
« Les règles s’améliorent. Le souci, c’est qu’actuellement, c’est à Vinicius Jr de décider si l’on continue ou non. S’il refuse de reprendre, nous sommes prêts à quitter le terrain. C’est ensuite au délégué de l’UEFA de trancher. Les incidents en tribunes sont un motif suffisant pour interrompre un match et expulser les coupables. Mais il n’est pas normal qu’un joueur doive faire la police en plein match, c’est le rôle des officiels et des autorités. Nous devons collectivement cesser de faire preuve d’une telle bêtise. »
Sanctionner les joueurs qui se cachent la bouche ?
« C’est complexe, car on veut parfois échanger en toute confidentialité avec un coéquipier. Mais si cela permet d’éradiquer les insultes, alors je suis pour. Dans d’autres sports, comme en NBA, beaucoup de joueurs sont sonorisés, tout comme les arbitres. On entend tout. Si c’est le prix à payer pour en finir avec le racisme, cela ne me pose aucun problème. »
SELON BESOCCER

