Une étude épidémiologique du CHU d’Annaba dresse un état des lieux préoccupant de la maladie dans la wilaya. Les équipes médicales et les associations multiplient les actions de sensibilisation autour du dépistage précoce.
Plus de 200 nouveaux cas de cancer du sein sont recensés chaque année dans la wilaya d’Annaba. Ce chiffre ressort d’une étude épidémiologique conduite par le service d’épidémiologie et de médecine préventive du Centre hospitalo-universitaire (CHU) d’Annaba. Il a été confirmé par la professeure Sabiha Bouzbid, cheffe de service, dans une déclaration à la radio locale.
Fondée sur la collecte et l’analyse des données sanitaires de plus de 4 500 patientes, cette étude permet de mieux mesurer la fréquence de la pathologie ces dernières années. Selon la spécialiste, le nombre de nouveaux cas est préoccupant au regard de la situation observée dans d’autres wilayas du pays.
La répartition par âge montre que le cancer du sein ne touche pas seulement les femmes les plus âgées. D’après la professeure Bouzbid, 10 % des cas concernent des femmes de moins de 40 ans. La tranche des 40-60 ans en représente la moitié, soit 50 %. Les patientes de plus de 60 ans constituent le reste.
Face à ce constat, le CHU d’Annaba a consacré le mois d’octobre à un programme axé sur la sensibilisation, la prévention et l’accompagnement des patientes. Le service de gynécologie-obstétrique et les différentes équipes médicales mènent des actions d’information. Elles rappellent l’importance d’un dépistage précoce et d’une prise en charge rapide.
Cette dynamique repose aussi sur la collaboration des associations locales engagées contre le cancer, notamment l’Association des amis des cancéreux d’Annaba. Des journées de sensibilisation, des espaces d’écoute et des groupes de parole ont été mis en place pour informer les femmes et soutenir les patientes tout au long de leur parcours de soins. Le message est constant, un diagnostic précoce accroît considérablement les chances de guérison.
Faire durer l’effort au-delà d’octobre
Les professionnels de santé et les associations insistent sur la nécessité de ne pas limiter l’information à un seul mois. Pour eux, la mobilisation collective reste déterminante pour inscrire durablement la prévention et la solidarité au cœur de la lutte contre le cancer du sein.
Sara Boueche
