L’Algérie dans le Top 10 des économies africaines

 

 

 

FMI

À l’issue des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington, les nouvelles trajectoires économiques mondiales sont tombées. Si l’Algérie préserve sa place de 4e puissance économique du continent, les chiffres révèlent un déficit de dynamisme par rapport à ses principaux poursuivants et une dépendance persistante aux hydrocarbures.

Le paysage économique africain à l’horizon 2031 se dessine avec une clarté nouvelle. Selon le rapport d’avril 2026 du FMI, le Top 10 continental reste globalement stable, mais les rythmes de croissance affichent des disparités frappantes.

Algérie maintient sa place : le Nigeria s’échappe

En 2025, avec un PIB estimé à 285,72 milliards de dollars, l’Algérie occupe solidement la 4e marche du podium africain. Cependant, dès 2026, le Nigeria devrait opérer une accélération majeure (377 milliards de dollars), creusant l’écart avec Alger qui plafonnera à 317 milliards.

Cette dynamique de distanciation se confirme dans les projections à l’horizon 2031, où, selon le FMI, l’Algérie maintiendrait sa quatrième position avec 328 milliards de dollars, restant toutefois loin derrière le trio de tête composé de l’Égypte (666 milliards), de l’Afrique du Sud (578 milliards) et du Nigeria (496 milliards).

Croissance lente dans le Top 10 africain

Le chiffre le plus préoccupant du rapport porte sur le rythme de progression. Sur six ans, l’économie algérienne ne devrait croître que de 14,67 %. À titre de comparaison, d’autres nations africaines affichent des trajectoires exponentielles : l’Éthiopie projette une hausse de +122 %, la RD Congo +89 % et l’Égypte +83 %.

Cette faible progression, la plus lente du groupe de tête, souligne la difficulté du pays à diversifier son moteur de croissance au-delà du secteur extractif.

Facteurs de résistance et espoirs industriels

Cette trajectoire linéaire s’explique, selon le rapport du FMI, par plusieurs freins structurels, au premier rang desquels figure l’hypothèque énergétique, le pétrole et le gaz représentant encore 95 % des recettes d’exportation et rendant le PIB tributaire de la volatilité des marchés mondiaux et des tensions géopolitiques.

À cela s’ajoute le défi des statistiques et du change : si le rebasage du PIB incluant le secteur informel a mécaniquement gonflé les agrégats officiels, l’écart béant entre le taux de change officiel (1 USD = 132,29  DZD) et celui du marché parallèle (1 USD ≈ 238 DZD) fausse la perception de la richesse réelle.

En effet, une évaluation basée sur le taux du marché dévaluerait la richesse nationale à 158 milliards de dollars pour 2025, soit un niveau bien inférieur aux chiffres officiels de 285,72 milliards.

Malgré ces prévisions prudentes, certains signaux indiquent des poches de résistance industrielle. Les projets d’envergure, comme l’investissement de 2,5 milliards de dollars dans la sidérurgie à Oran ou l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, pourraient, à terme, modifier ces projections si l’intégration industrielle s’accélère.

Pour l’heure, le FMI appelle à une vigilance accrue : sans un élargissement notable de sa base productive, l’Algérie risque de voir son influence économique s’éroder face à des économies est-africaines et d’Afrique centrale en pleine mutation.

 

Rang Pays PIB (Milliards de $)
1 Égypte 666
2 Afrique du Sud 578
3 Nigeria 496
4 Algérie 328
5 Maroc 283
6 Éthiopie 243
7 Kenya 196
8 Angola 180
9 RD Congo 175
10 Côte d’Ivoire 170

 

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