Les probabilités étaient de l’ordre de 50 %. Pourtant, le sort semble s’acharner : le Real Madrid va retrouver Benfica lors des barrages de la Ligue des Champions. Soit l’équipe même qui, il y a quelques jours à peine, privait les ‘Merengues’ d’un ticket direct pour les huitièmes de finale. L’équipe d’un certain José Mourinho. Celle-là même portée par le coup de casque miraculeux de Trubin.
Pour Álvaro Arbeloa, l’heure de la rédemption a sonné. Alors que le calme semblait revenir, deux ombres au tableau entachent son jeune bilan : Albacete et Benfica. Maîtres de leur destin lors de l’ultime journée après avoir balayé Monaco, les ‘Merengues’ avaient affiché au Santiago Bernabéu une grinta insoupçonnée à Lisbonne. Kylian Mbappé, auteur d’un doublé contre les Portugais, n’avait d’ailleurs pas mâché ses mots : une telle attitude « n’est pas celle d’une équipe championne ». Le message est clair pour espérer reconquérir la ‘Coupe aux grandes oreilles’.
Relégués à la neuvième place, les ‘Blancos’ ont échoué aux portes de la qualification directe, s’offrant toutefois le luxe de recevoir au match retour au stade Santiago Bernabéu. Cette phase de ligue fut un véritable ascenseur émotionnel, alternant promesses et désillusions. Si le ‘top 8’ s’est dérobé, quelques motifs de satisfaction subsistent, à l’image de la démonstration face au Kaïrat Almaty (0-5) ou du succès plein de maîtrise contre la Juventus (1-0). Des débuts poussifs face à Marseille (2-1), renversé grâce à deux penalties, et des largesses défensives criantes contre l’Olympiacos (3-4) avaient toutefois souligné la fragilité d’une arrière-garde décimée par les blessures.
Le sursaut contre l’AS Monaco, sous l’ère Arbeloa, aura été l’unique lueur d’espoir entre deux revers cinglants face à Liverpool (1-0) et Manchester City (1-2), venus fragiliser le projet de Xabi Alonso. Si Thibaut Courtois a évité le naufrage à Anfield, le duel face aux hommes de Pep Guardiola a cruellement rappelé l’écart de niveau actuel. Cette dynamique déclinante installe un climat de pessimisme que la Maison Blanche devra impérativement dissiper avant l’échéance européenne.
À la différence de la joute de mercredi dernier, le format change. Exit le couperet du match unique ; place à une confrontation aller-retour où l’expérience sera reine. Le premier acte se jouera à Lisbonne avant un dénouement dans la capitale espagnole. Reste à voir comment le groupe gérera la pression d’un Mourinho rompu aux joutes continentales. De son côté, le Benfica arrive lancé : après quatre défaites initiales, les Portugais ont enchaîné trois succès lors des quatre derniers matchs contre l’Ajax, Naples et le Real Madrid. Le point d’orgue ? Le but héroïque du portier Anatolii Trubin, venu offrir aux siens un ‘goal average’ supérieur à celui de Marseille au bout du suspense.
Outre son gardien buteur, le club lisboète s’appuie sur des talents confirmés : le prodige argentin Prestianni, le métronome Fredrik Aursnes, ou encore l’ailier danois Andreas Schjelderup, auteur d’un doublé remarqué. Sans oublier Vangelis Pavlidis, véritable poison pour la charnière Dean Huijsen–Raúl Asencio. Pour ne rien arranger, le Real devra composer sans ce dernier ni Rodrygo Goes lors de la manche aller, tous deux suspendus après leurs exclusions à l’Estádio da Luz. Un défi de taille pour le madridisme. Les 17 ou 18 février, il faudra retrouver la flamme en terre portugaise avant de conclure le travail au Bernabéu. Pour l’heure, le premier round entre le maître et l’élève a tourné à l’avantage de Mourinho.
SELON BESOCCER
