Quarante-six élèves et membres du personnel de trois écoles de l’Etat d’Oyo, dans le sud-ouest du pays, avaient été kidnappés le 15 mai. Selon la présidence, plusieurs de leurs ravisseurs ont été tués et huit autres arrêtés, selon le monde fr.
Des dizaines d’élèves enlevés il y a près de deux mois dans le sud-ouest du Nigeria ont été libérés, a annoncé, vendredi 10 juillet, le porte-parole de la présidence.
Des hommes armés, que les forces gouvernementales présentent comme des djihadistes de Boko Haram, avaient kidnappé, le 15 mai, 46 élèves et membres du personnel de trois écoles de l’Etat d’Oyo.
Leur enlèvement avait fait craindre une propagation des violences jihadistes dans le sud-ouest du Nigeria. Le raid mené contre des écoles d’Esiele et d’Yawota, deux communautés agraires situées en bordure du vaste parc national d’Old Oyo, est rapidement devenu un sujet brûlant, suscitant des manifestations, une grève d’un mois des enseignants de l’Etat et des condamnations retentissantes à l’étranger.
« Je suis profondément heureux que nos forces de sécurité aient réussi aujourd’hui à secourir les élèves et les enseignants enlevés à Orire, dans la région d’Ogbomoso de l’Etat d’Oyo, à l’issue d’une opération conjointe de l’armée, de la police et des services de renseignement ayant permis de neutraliser certains des terroristes ayant perpétré cet acte odieux, et d’en arrêter huit autres », se félicite le président, Bola Tinubu, dans un communiqué. Son porte-parole, Bayo Onanuga, avait auparavant annoncé la nouvelle sur X, dans un message accompagné de photos de certains des enfants. Il a précisé que les « terroristes » avaient exigé la libération d’un des leurs, aux mains des autorités.
Le sud-ouest du Nigeria a longtemps été considéré comme l’une des régions les plus sûres d’un pays en proie à une insécurité aux multiples causes. Les rapts contre rançon constituent un défi permanent pour les autorités dans les régions instables du Nord, mais les enlèvements de masse ont été rares dans le sud du pays. L’Etat d’Oyo est l’un des plus peuplés du Nigeria et Ibadan, sa capitale, est un pôle éducatif majeur.
« Aucune contrepartie »
« Nous comprenons votre engagement envers notre sécurité et nous apprécions tout ce que vous avez fait pour nous », dit l’une des enseignantes dans une vidéo partagée par le porte-parole du président. « Les agents de sécurité (…) ont fait de leur mieux et c’est grâce à cela que nous sommes encore en vie aujourd’hui. »
Le ministre de la défense, Christopher Musa, avait expliqué cette semaine que les ravisseurs essayaient d’utiliser leurs captifs comme moyen de pression sur le gouvernement, qui détient certains de leurs commandants. Les ravisseurs avaient, selon lui, menacé de tuer leurs otages en cas d’intervention des forces de l’ordre. Les circonstances exactes de leur libération restent floues, mais M. Onanuga a assuré qu’il n’y avait eu « aucune contrepartie ».
