Jardin d’Edough à Annaba Quand un espace de vie sombre dans l’abandon

Il fut un temps où le jardin d’Edough incarnait l’un des rares refuges de verdure au cœur d’Annaba. Dès les premières heures de la journée, les joggeurs s’y retrouvaient pour leur entraînement, les amateurs de sport profitaient de ses allées, les enfants parcouraient les chemins à vélo sous le regard rassurant de leurs parents, tandis que familles et groupes d’amis venaient y partager quelques instants de détente. Aujourd’hui, ce décor appartient presque au passé.

Le jardin offre désormais une image qui contraste douloureusement avec sa vocation première. Les clôtures qui protégeaient son enceinte ont disparu en grande partie, laissant le site exposé aux dégradations. Les allées sont envahies par les déchets, des branches d’arbres et de palmiers demeurent abandonnées au sol, les mauvaises herbes gagnent du terrain, les bancs sont brisés et les poubelles, elles aussi endommagées, témoignent d’un manque d’entretien devenu chronique.

Plus inquiétant encore, cet espace, autrefois animé par les rires des enfants et les échanges des promeneurs, est aujourd’hui déserté par les familles. Le sentiment d’insécurité s’est installé, alimenté par la présence régulière de consommateurs d’alcool et de substances psychotropes. Ce qui devait être un lieu de bien-être et de convivialité s’est progressivement transformé en un espace fantôme, où le silence a remplacé la vie.

Cette dégradation ne constitue pas seulement une atteinte au paysage urbain ; elle prive également les habitants d’un lieu essentiel à leur équilibre, à leur santé et à leur qualité de vie.

Dans une ville où les espaces verts sont précieux, laisser le jardin d’Edough sombrer dans l’oubli revient à renoncer à un patrimoine collectif qui mérite pourtant d’être préservé.

Il est temps que les autorités concernées prennent la mesure de cette situation. Une réhabilitation complète du site s’impose , nettoyage, remise en état des équipements, remplacement des clôtures, entretien régulier des espaces verts et renforcement de la sécurité. Les citoyens ne réclament pas un luxe, mais simplement le droit de retrouver un jardin public propre, sûr et accueillant.

Le jardin d’Edough ne demande qu’à revivre. Il appartient désormais aux responsables de lui rendre son visage d’autrefois, afin qu’il redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, un lieu de rencontre, de respiration et de sérénité pour tous les Annabis.

Sara Boueche

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