Le ministère de l’Énergie et des Mines a brisé le silence ce vendredi concernant la récente hausse des prix à la pompe. Dans un communiqué détaillé, la tutelle qualifie cette mesure de « mise à jour » nécessaire pour garantir la stabilité de l’approvisionnement et soutenir les investissements dans le secteur.
Entrée en vigueur dès le premier jour de l’année 2026, la nouvelle grille tarifaire des carburants suscite de nombreuses interrogations chez les usagers. Le ministère de l’Énergie et des Mines a tenu à préciser que ce réajustement s’inscrit dans le cadre de l’application des textes législatifs en vigueur, visant principalement à couvrir des coûts de production et de distribution en constante augmentation.
Les nouveaux tarifs affichés aux stations-service marquent une légère progression :
- Essence :Passe de 45,62 DA à 47 DA/L (+1,38 DA).
- Gazole (Mazout) :Passe de 29,01 DA à 31 DA/L (+1,99 DA).
- GPL-c (Sirghaz) :Ajusté de 9 DA à 12 DA/L (+3 DA).
Malgré cette révision, le ministère insiste sur un point crucial : l’État continue de supporter le plus gros de la facture. Le communiqué souligne que les prix actuels sont loin de refléter la « réalité des coûts », incluant l’extraction, le raffinage, le transport et la distribution. Le Trésor public maintient ainsi son rôle de bouclier pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens et soutenir l’activité économique.
Le GPL-c : un choix stratégique encouragé ?
Dans sa stratégie de transition, le ministère rappelle que le GPL-c (Sirghaz) demeure le carburant le plus avantageux. Même à 12 DA le litre, son prix reste quatre fois inférieur à celui de l’essence. « C’est un signal fort pour encourager cette option à la fois écologique et économique », précise la tutelle.
Pourquoi cette hausse maintenant ? L’objectif affiché est d’ordre logistique, puisque cette révision vise avant tout à permettre aux entreprises de raffinage et de distribution de maintenir l’outil de production afin de garantir la disponibilité des produits sur l’ensemble du territoire et d’éviter toute rupture de stock.
Par ailleurs, les dividendes générés par cette mise à jour seront directement réinjectés dans la modernisation du réseau, notamment à travers la rénovation des stations-service et l’extension des points de vente dans les zones les plus enclavées.
Enfin, cet effort financier soutiendra le renforcement des capacités de stockage, une étape jugée indispensable pour sécuriser l’approvisionnement national sur le long terme.
En conclusion, le ministère rappelle que les prix des carburants en Algérie n’avaient pas évolué depuis 2020. Malgré ce changement, ils figurent toujours parmi les plus bas et les plus stables à l’échelle internationale, illustrant une volonté de concilier impératifs industriels et protection du consommateur.
Production de carburant en Algérie : quel est le bilan actuel ?
L’Algérie a franchi une étape historique en consolidant son autosuffisance totale, mettant fin à la facture d’importation des produits raffinés qui pesait autrefois sur la balance commerciale.
Le pays traite actuellement environ 30 millions de tonnes de pétrole brut par an, réparties sur un parc de six raffineries (Skikda, Arzew, Alger, Hassi Messaoud, Adrar et Augusta). La production annuelle de gasoil s’établit à 10,8 millions de tonnes, tandis que celle de l’essence atteint 3,7 millions de tonnes.
Le passage au « zéro importation » permet une économie de devises estimée à plus de 2 milliards de dollars par an. La consommation de GPL-c (Sirghaz) a dépassé les 1,5 million de tonnes, réduisant la pression sur l’essence et permettant d’orienter les surplus vers le stockage stratégique.
e Skikda (355 000 barils/jour) afin de faciliter l’accès des carburants algériens aux marchés européens exigeants.
